Je reviendrai à Montréal

Voici 2 mois que nous sommes à Montréal. Nous prenons nos marques petit à petit. Montréal est bien différente de Vancouver, l’empreinte de l’Europe est plus présente et nous avons aucune difficulté à trouver de bons produits alimentaires ! L’atmosphère qui se dégage ici n’est pas la même que dans l’Ouest, certes les montagnes et le Pacifique ne sont plus nos voisins mais Montréal est à nos yeux plus chaleureuse et accueillante.
Nous habitons dans le quartier de la Petite Italie, à deux pas du fameux marché Jean-Talon. Ici ça parle l’italien. La soeur de Maud, Lauriane, habite de l’autre côté de notre rue. Au début de notre séjour la tante de Simon nous hébergeait sur le plateau Mont-Royal. Nous avons passé beaucoup de temps dans ce quartier, branché, jeune et francophone. Ces deux derniers mois, nous avons tous les deux trouvé un job. Maud travaille à nouveau chez Roots, mutée de l’Ouest canadien, à l’Est. Simon a trouvé un job à Mountain Equipment Coop, une coopérative de plein air où il conseille les amateurs de rando et d’escalade.
Nous avons eu également la visite de la famille de Maud et nous en avons profité pour redécouvrir la capitale du Québec à 3h de Montréal, mais aussi les Cantons de l’Est avec les charmants villages colorés au bord des lacs. Le Vermont est l’état des USA le plus proche du Québec, facile d’accès, nous avons sillonnés les routes traversant les grandes prairies et les monts verdoyants.
Entre deux saisons les températures s’affolent, entre une tempête de neige et un soleil de plomb, nous attendons le vrai été pour profiter des terrasses, des parcs et des festivals !

“Ya pu de saison mes pauvres enfants”

Musher du Grand Nord

Pendant nos 3 semaines de riches découvertes et d’aventures au Yukon, nous avons eu la chance d’en apprendre un peu plus (même beaucoup plus !) sur le “mushing”. Qu’est-ce que c’est ? Le mushing c’est le sport qui consiste à conduire son traîneau à chiens. Et ça nous a plus que plu ! Grâce à notre ami Tibo, nous nous rendons chez un éleveur pour vivre cette expérience. Cet éleveur possède une centaine de chiens, du nouveau né au retraité, chacun habite son studio personnel dans la cour du domaine. Entendant les voitures arriver, ils hurlent à la mort debout sur leur cabane, le museau vers le ciel. La guide nous fournit un équipement anti-froid et anti-gel. La guide commence à atteler le traîneau essayant tant bien que mal de gérer l’excitation des chiens : ils sautent à un mètre du sol tellement ils sont impatients de courir. Nous embarquons, l’un de nous pilote, l’autre est bien au chaud dans le traîneau.
Nous partons sur le fleuve du Yukon gelé avec nos 5 chiens et passons quelques heures à nous familiariser avec ce nouveau sport. Régulièrement les chiens se roulent dans la neige pour se rafraîchir.

Nous sommes arrivés à Whitehorse début févirer, et le coup de départ de la Yukon Quest était lancé quelques jours avant. La Yukon Quest est une course en chien de traîneau qui part de Fairbanks en Alaska et qui va jusqu’à Whitehorse au Yukon. Chaque année le point de départ et d’arrivée sont inversés. Cette année l’arrivée était à Whitehorse, ce qui tombait bien pour nous puisque nous avons pu assister aux arrivées de plusieurs mushers ! En général la course se fait environ en 10 jours, il y a 1600 km à parcourir. C’est une des épreuves sportives la plus difficile au monde. L’émotion est forte quand un musher arrive épuisé et complètement anéanti par cet immense trajet. Il garde néanmoins le sourire et motive une fois de plus ses chiens à franchir cette fameuse ligne d’arrivée. Nous en sommes bouche bée.

Le plus fascinant dans cette expérience n’est pas seulement le fait de conduire le traîneau, mais vraiment la relation qu’un musher développe avec ses chiens. Imaginez un peu passer 10 jours sur les rivières gelées, au pied des montagnes de l’Alaska, glissant la nuit sous les aurores boréales par des températures pouvant atteindre -50 degrés… Sans oublier le manque de sommeil et l’attention qu’il faut donner sans cesse à ses chiens pendant ces 10 jours.

Autant dire que cette expérience fût certainement mémorable pour eux. Mais aussi pour nous.

Cabin fever

Il a fait -24 degré cette nuit. Autant dire que nous restons bien emmitouflés dans nos sacs de couchage, jusqu’au front. Hier soir nous avons chargé le poêle de bûches que nous avions fendu la veille, la température est montée progressivement. Durant la nuit, la pièce est devenue un sauna. On rampait au ras du sol à la recherche d’un filet d’air frais venant de dehors, comme des chiens en quelque sorte.
La gestion du poêle c’est tout un art.
Le matin en revanche la température s’élève à 12 degrés à l’intérieur, -15 à l’extérieur, on a toujours un regard pour chacun des thermomètres. C’est déjà mieux que la semaine dernière lorsqu’il faisait 4 degrés à l’intérieur.

Ce matin donc comme des papillons, nous sortons lentement de nos cocons pour aller jeter une bûche sur les quelques braises qui résistent.
Pour les plus courageux, il s’agira de vaincre les éléments pour le pipi du matin dans la cabane au fond du jardin. L’odeur d’écurie et le froid n’encouragent pas à s’attarder sur le trône…

Nous déjeunons en faisant bien attention de ne pas gaspiller l’eau. Nous avons 3 bidons de 20 litres qu’il faut remplir régulièrement à la station essence à 400 mètres de la cabin. Pour la vaisselle, nous utilisons la neige qui fond sur le poêle et qui ne tarde pas à bouillir.

Contrairement à ce qu’on imaginait, la cabin de Tibo n’est pas isolée à 10 km de la route, dans un bois sombre où il faut se méfier des animaux sauvages qui rôdent attirés par l’odeur du caribou que nous sommes en train de fumer.
Elle est dans un hameau d’une dizaine de cabin en rondins de bois. Elles sont principalement habitées par des hommes, seuls…

Nous allons régulièrement chasser dans un supermarché de Whitehorse qui se trouve à 20 minutes de la cabin. Le soir nous cuisinons et mangeons joyeusement au son de la musique de Tibo.

Nous dressons ensuite notre campement à même le sol, dans le salon et dans la cuisine pour certains avec le four pour table de nuit.
Embaumés par l’odeur persistante de fumée à laquelle s’ajoute parfois les odeurs de cuisine, nous nous endormons paisiblement en rêvant de toilettes avec chasses d’eau.

On aime ces vacances, c’est la belle vie et le retour aux choses simples.

Vancouver Island

On ne pouvait pas quitter la Colombie-Britannique sans faire un tour sur l’île de Vancouver pour visiter la jolie Victoria, capitale au style anglais et la fameuse Tofino pour un retour à la nature.
Victoria est une ville charmante mais peu active en cette saison. À l’inverse de Vancouver, ville multiculturelle, nous retrouvons davantage à Victoria l’héritage britannique (même si Victoria a aussi son Chinatown). Nous avons d’ailleurs passé quelques bonnes soirées dans un pub irlandais.
Nous avons également fait une longue balade sur la plage, au coucher de soleil, au milieu des chiens et des phoques.

La route de Victoria à Tofino est un voyage à elle seule. On traverse un col dans la neige et le brouillard puis la route s’ouvre sur la mer et les immenses plages.
Nous avons pensé à acheter une île à laquelle nous accèderions par la plage avec vue sur le Pacifique et les monts enneigés. Malheureusement le notaire avait pris congé.
On a passé la nuit dans une auberge de jeunesse 4 étoiles, les pieds dans la baie où atterrissent les hydravions.

Les paysages sont magnifiques au bout du monde avec pour seul horizon : le Pacifique.